Si vous ne connaissez pas encore Michael Mc Dowell, laissez tout tomber, ne finissez pas votre café et courrez en librairie : vous y découvrirez, outre une collection aux couvertures magnifiques, un auteur envoûtant qui fera de vous les captifs consentants d’univers fantastiques et inquiétants.
Michael Mc Dowell, auteur prolixe d’horreur gothique, ouvertement gay, né en 1950 et décédé en 1999 des suites d'une maladie liée au sida, est décrit par Stephen King comme le meilleur auteur de livres de poche aux États-Unis. Il est aussi, et surtout, connu pour avoir été le scénariste de l’excellent « Beetlejuice » de Tim Burton.
Ses romans, qu’il s’agisse de grandes sagas en plusieurs volumes ou de romans one-shot, marient portraits saisissants d’une Amérique de la Grande Dépression et contes de fée cruels. Ils se dévorent avec une aisance gloutonne et, entre leurs pages où se terrent d’étranges créatures tapies sous la vase et de liquides apparitions, évoluent nombre de personnages à la moralité pour le moins nuancée. De ceux-ci se détachent des portraits de femmes émancipées et résilientes, des figures féminines fortes, matriarches impitoyables et héroïnes ophéliennes… Comme les corps que charrient les rivières, vous laisserez votre imagination dériver au gré d’eaux sombres et boueuses, dans des forêts putrides et sous des lunes blafardes, jusqu’aux lumières de villes en proie à une industrialisation tapageuse. Ici, le fantastique ne se manifeste que par touches légères et diffuses, mais l’horreur, elle, glaçante et sans espoir de salut, surgit toujours quand on ne l’attend pas. Accroché à votre lecture, c’est ainsi que vous plongerez d’un chapitre à l’autre, emporté par cet espoir fou que le mal soit finalement puni à la hauteur de ses crimes.
Et pour conclure, mon conseil lecture perso pour découvrir Michael Mc Dowell. Pour un départ en douceur, commencez de préférence par sa série des « Blackwater », aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Il s’agit d’une grande saga familiale mêlant pouvoir, vengeance et surnaturel qui s’étale sur plusieurs générations ; une lecture aisée, des personnages et un dénouement mélancolique qui resteront longtemps avec vous.
Bonne lecture, soyez ravis, soyez hantés !